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Ce matin j'ai encore les mains teintées par le raisin. J'ai encore les cuisses douloureuses. Samedi, j'ai vendangé pour la première fois de ma vie. Nous sommes arrivés à la propriété, sur les hauteurs de Fronsac, juste à l'heure pour partir dans les rangs. J'ai pris deux photos à la volée, dans le jour naissant teinté de gris et de pluie... Puis j'ai posé mon apn, j'ai bien fait, il aurait été noyé. Nous saluons en vitesse la propriétaire des lieux (c'est la grand-mère d'un ami d'école de Lucien). Ce petit bout de femme, toute de noir vêtue, pimpante et maquillée, donne le top départ. Pas de feuilles, pas de grains rosés, le raisin sera trié à la main. Jusqu'à midi, avec une toute petite pose à 10 h, nous coupons sous la pluie.  Mais le temps passe vite et à 12h pétantes les ouvriers quittent les rangs. Nous sommes les hôtes du chateau, nous rejoignons le chai après avoir mis quelques vêtements secs. La propriétaire nous explique la saignée qu'elle vient de pratiquer dans le jus, nous la regardons travailler, je prends quelques photos à la volée. Nous déjeunons en famille, un ou deux verres de vin. Mais le café est avalé à la hâte, il est déjà l'heure de repartir dans les rangs, il faut donner l'exemple. La pluie a cessé. Les femmes marocaines reprennent leur babil qui me berce et j'avance en cadence, au rythme des seaux qui se vident dans les hottes et des éclats de rire. La fatigue commence à se faire sentir, le dos tire. 17h30, c'est fini pour aujourd'hui mais les vendanges reprendront demain matin. Sans nous. A nouveau un détour par le chai, les seaux et les bassines sont lavés à grande eau. Je suis ivre de fatigue. Nous remercions chaleureusement Madame D. pour son accueil, elle nous promet un cadeau en échange de notre participation. Mais déjà elle repart vers les cuves. Dieu sait à quelle heure elle sera couchée ce soir là, quelle énergie ! La journée est passée à la vitesse d'un train qui fend la campagne, mais il nous a roulé sur le corps ! Dimanche, chaque mouvement me fait grimacer tant les courbatures se font sentir. Et je pense aux femmes marocaines qui coupent sous le soleil...

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