11 décembre 2009
les locataires du jardin d'hiver
A l'approche de Noël, les enfants redécouvrent les joies du coloriage, découpage, pliage. Entre deux anges traçés au compas, j'aperçois dans les plantes vertes un personnage de papier qui n'a rien à voir avec le christmas spirit...
Le lendemain, je ressors de mes tiroirs une pub trouvée dans un magazine il y a quelques années et décore mon bureau pour les fêtes...
02 décembre 2009
esprit es-tu là ?
Exactement comme si j'étais montée dans une machine qui m'aurait projeté du mois d'août au mois de décembre, sans transition. C'est un peu l'effet que cela fait après un voyage au soleil en cette saison. Du coup, je n'arrive pas à raccrocher les wagons de l'avent ! De toute façon les enfants ne sont là qu'une semaine sur deux alors cette année je jette l'éponge. Mais ! en bonne fille de lorrain, je ne manquerai pas de faire sa fête à Nicolas dimanche et projette un tea time pain d'épice...
En attendant, je vais hanter les salles obscures, là où aucune guirlande ne clignote, si ce n'est les quelques feux de la rampe qui indiquent la sortie de secours.
Nous avons inauguré hier la deuxième édition du festival cinéma/sciences au Fémina. Le CNRS fait bien les choses et en cette journée mondiale du sida nous avons visionné "Pedro", jeune homme cubain et homosexuel qui révéla sa maladie dans le feuilleton "The Real World : San Francisco" en 1994.
Samedi je croiserai peut-être madame à l'ouest si elle sèche le café-tricot pour voir un vieux Resnais de 1968 "je t'aime, je t'aime".
05 octobre 2009
Le jour où l'on fête les Fleur
Je suis née un 5 octobre. Le jour de la Sainte Fleur. Aussi loin que je me souvienne, ça m'a toujours plu d'être née ce jour là. Pêché d'orgueil...
01 juillet 2009
pina bausch
Elle est morte hier d'un cancer foudroyant. La chorégraphe que vous avez vu danser dans "habla con ella" était encore sur scène il y a 15 jours. Peut-être que la télévision rendra hommage à cette grande dame de la danse entre deux reportages sur le roi de la pop...
18 juin 2009
bouclage
Il y a eu les balades autour de gavarnie (pluie mais aussi soleil et vent), il y a les framboises que l'on ramasse chaque jour au jardin (hier soir 368 g soit de quoi faire un peu de confiture !), l'examen de fin d'année de violoncelle pour mademoiselle Ni, les travaux chez une amie.
Il va y avoir la fête de la musique dans le quartier, la fête du fleuve, le spectacle de fin d'année des enfants à la danse, la kermesse, un long week end à paris pour boucler le mois de juin... Peu de temps pour la blogo. Le pull tangelo de monsieur Lu avance tout de même mais il y a aussi les fleurs pour le trico'13 de juillet... Les grandes vacances ça n'est pas pour tout de suite mais ça commence à y ressembler ...

robe vintage genre cocktail, couettes improbables, vernis à ongles rouge... Le style très personnel de la demoiselle...
11 juin 2009
mirage
Le passeport est fait, les vaccins à jour. Mais rien n'y fait, depuis l'année dernière un obstacle finit toujours par se dresser entre mon rêve d'ailleurs et la vie ici. Hier le bébé à naître d'une jeune grand-mère qui ne pouvait rater l'évènement, aujourd'hui un séjour printanier aux Antilles d'une collègue, repoussé pour cause de grève et qui est reporté à la période où je projetais de partir au Sénégal. Une semaine maussade, semée de mauvaises nouvelles, pas graves bien sûr, mais enquiquineuses. Et un week end qui capote pour cause d'emploi du temps trop chargé des enfants.
Hier soir cependant, sous le crépitement presque incessant des averses sur le toit de tôle, nous avons ouvert une parenthèse enchantée. Le Sénégal s'est déplacé sous les traits d'un griot blanc, chanteur et musicien. Une soirée douce, bercée par le son enchanteur de la kora et l'espoir qui renait de partir quand même, bientôt...
05 juin 2009
Europa
Départ pour les pyrénées ce soir. Retour dimanche, tard. On vote quand ? On a tout prévu. Petit passage par le commissariat après avoir choisi avec soin le couple d'amis qui pourra se substituer à nous devant les urnes. Il y a toujours un moyen de faire bien. Voilà la Rimule et l'Europe pour moi c'est quoi ? Mes enfants tiens !! ils sont 50 % français, 50 % portugais !
20 mars 2009
noir printemps
Non je ne vais pas jouer les rabat-joie alors que le soleil brille dehors et que la manif d'hier était énorme et que ça fait du bien de voir tout ce monde là dans la rue. Bien sur que je ne rale pas, ce serait déplacé. Je suis en vacances ce soir pour une semaine de farniente dans les Alpes (je suis une spécialiste du ski/bar...). J'emmène des tonnes de livres, magazines et tricots et de la crème solaire, j'espère. Mais mais mais, avant de faire le vide dans ma tête, je vais accompagner ce jour par la pensée notre ami Bashung au père lachaise. Et je vous mets une photo de l'autocollant distribué par les verts hier.
16 mars 2009
je t'ai manqué
Sur un trapèze madame rêve toujours sur la ligne blanche, surtout ne la réveillez pas, pas avant 2043......
03 mars 2009
Nous y sommes
Nous y sommes
Par Fred Vargas Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s'est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix, on s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux. D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, ˆ attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille ˆ récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés). S'efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d'échappatoire, allons-y. Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie ˆune autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore. Fred Vargas Archéologue et écrivain



















