Dimanche 22 avril 2007, nous nous réunissons  chez des amis pour suivre ensemble le 1er tour des élections présidentielles. Parmi les couples invités, un a implosé. Serge viendra seul,  Nathalie est partie, elle vient de le quitter, là, comme ça, parce qu’elle aime ailleurs, trop fort, et qu’elle ne peut pas mentir.
Cette séparation sera le prélude au concert de glas qui sonnera chez d’autres couples, comme le mien, à bout de souffle.
Commence une période trouble où les liens d’amitié se renouent autrement, où chacun choisit son camp. Certains y laisseront des plumes sans doute, en fait je ne sais pas, je ne les vois plus, témoins d’un temps révolu, ils sont tapis dans l’ombre. Je reçois parfois quelques échos, croise un visage, les enfants me rapportent certains évènements.
Cinq années ont passé, comme le vent, comme un éclair.
Avril 2012, une semaine avant le premier tour, Nathalie s’endort un soir et ne se réveille pas.
Je n'irai pas tout à l'heure me recueillir avec ceux qui la connaissent et que j'ai perdu de vue. Je vivrai ce deuil à  ma façon, peut-être en en parlant avec mes enfants qui l'ont fréquentée plus récemment, et qui, concours de circonstance malheureux, ont appris coup sur coup la disparition de deux mamans qui laissent leurs enfants dans la peine.
Je n'ai pas envie de les revoir tous aujourd'hui, meurtris, sous cette pluie, devant une église de campagne, face à un trou béant. Nous avons attendu 5 ans, et même si ce départ prématuré nous rappelle cruellement que le temps est compté, décidément, non, pas aujourd'hui, ça n'est pas le moment, nous attendrons, vraiment. 
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