17 septembre 2007
l'été comme s'il en pleuvait
Encore une journée passée au bord du monde. Soleil, douce chaleur, eau fraîche mais délicieuse, un océan à la carte hier qui a accueilli la première édition d'une compet alliant les dernières technologies en matière de sport de glisse et le charme désuet des disciplines d'antan. Pirogues high-tech qui exotisent l'atlantique, stand up paddle ou des jésus des temps modernes marchant sur des gros flotteurs et avançant à la pagaie, long board avec surfeur seul ou en tandem qui porte à bout de bras sa partenaire acrobate. Que du bonheur pour les mirettes des plagistes.
On était bien loin de la grosse cavalerie du lacanau pro, enfin une compet à l'échelle humaine, en espérant qu'elle le restera.
La veille, j'avais quitté le soleil pour m'enfoncer dans la noirceur de "la question humaine" de Nicolas Klotz. Au delà d'une performance d'acteurs, d'une mise en scène complexe, intelligente et fouillée, d'une lumière à la précision chirurgicale (gris du paris de entreprises, bleu électrique des boîtes et des raves, lumière tamisée des bureaux), au delà d'une musique éclectique (syd matters et du fado), on est saisi par l'histoire qui se répète. Solution finale/sélection du personnel, des hommes triés et éliminés dont il ne doit rester que la race pure d'hier et les chevaliers d'entreprise d'aujourd'hui. Question de vocabulaire, de langage, oui mais pas que. Et ceux qui tirent les ficelles se bouffent entre eux, la sélection continue, pire peut-être car insidieuse puisqu'il s'agit de saper les âmes pour voir les corps tomber. On s'enfonce au fond de son fauteuil, en même temps que Simon (mathieu amalric saisissant) à mesure qu'il découvre cette machination dont il est l'acteur bien involontaire. J'ai retrouvé la lumière du jour, sonnée, interpellée. Je ne sais pas comment Simon s'en sort, le film ne le dit pas ...





